Par Vince |
Actualité |
7 novembre 2007 |
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Ce n’est un secret pour personne, notre président a fait un passage éclair aux USA mardi et mercredi derniers. Ce que les journaux ne disent pas, c’est qu’il s’est arrêté une demi-heure à l’ambassade pour adresser un message aux français vivants aux Etats-Unis. Et qui dit visite présidentielle, dit : boustifaille présidentielle … (non, je tiens à casser le mythe une fois pour toute : il n’y a pas de Ferrero à l’ambassade !).
16h00 : la salle de réception est déjà pleine, un détour en cuisine nous révèle des montagnes de mets fins et de bouteilles, entourées par une horde de serveurs.
16h40 : défilé de voitures noires, vitres teintées, agitation dans la foule. Sarkozy arrive dans une salle comble (1000 personnes ?), accompagné de Bernard Kouchner, Christine Lagarde, Rama Yade, Rachida Dati, Bernard Accoyer, et Douste-Blazy. Une belle brochette ministérielle sur la scène… Il est tout bronzé (j’ai râté un article du Canard sur une cabine à UV installée récemment à l’Elysée ?), et donne l’impression de péter la forme (c’est quoi l’adresse de son dealer ?)
16H55 : le finish du discours est digne d’un speach de campagne, les gens dans la salle ont l’air à fond et les applaudissements sont nourris. Il aura même réussi à glisser quelques blagounettes au milieu de sa prose
16h57 : la Marseillaise résonne dans la salle, le staff gouvernemental s’aligne sur l’estrade et chante en coeur, suivi par quasiment toute la salle. Ca fait bizarre de chanter son hymne, on se sent presque honteux. Et on se sent encore plus honteux de s’être senti honteux. A méditer, on en pense ce qu’on veut, mais le déballage de drapeaux et de patriotisme des ricains surprend au début, dégoute des fois, étonne encore des mois plus tard, mais on se rend compte finalement que tout cela n’est pas si ridicule à partir du moment où on ne mélange pas patriotisme et nationalisme…
17h00 : c’est la course vers le stand de champagne ! Les VIA et stagiaires, qui connaissent bien les lieux, sont dans les starting-block et ressortent parmi les premiers de la mêlée un verre à la main.
17h30 : après un troisième passage au bar, chacun compare les petits-fours et s’échange ses impressions sur le discours
18h15 : le champagne est toujours aussi bon, on attaque les madeleines et les cannelés
18h55 : la salle se vide, ça va commencer à se voir qu’on joue les pique-assiettes. On quitte discrètement les lieux, une coupe de champagne à la main, pour la route !
A partir de là, ce post devient chiant, donc pour ceux qui s’en foutent de la politique, vous pouvez directement passer aux images et aux films en fin d’article. Pour les autres, les commentaires sont les bienvenus. Je pense que ce qui suit va en faire bondir plus d’un au plafond. Pas grave, j’assume.
Au delà de cette orgie alimentaire, il ne faut pas oublier le principal. Quoi qu’on en pense, Sarko nous a fait un show assez impressionnant. Je le savais bon orateur, mais ça fait bizarre de voir cette énergie en live. C’était péchu, incisif, même si on pourrait reprocher le format US du discours imposé par les lieux, le public et les médias. Car à mon avis les “vous êtes mes amis, on vous doit la liberté”, autant ça peut choquer au pays du fromage qui pue, autant ici c’est ce que les gens veulent entendre. Donc ça ne sert à rien de prendre un air offusqué et de dire que Sarko il abuse, c’est juste de la diplomatie. Après, tout ça n’engage que moi, mais les réactions côté américains tendent à le confirmer…
En parlant d’impacts de ce côté de l’atlantique, je voudrais essayer de faire réaliser un tant soit peu les résultats concrets que ce genre de discours apporte pour la France ici. Ce qui suit ne concerne que le domaine scientifique, je ne m’avancerais pas à généraliser pour des secteurs que ne je connais pas. Travailler à l’ambassade permet d’approcher et de comprendre un peu le fonctionnement de gens qu’on ne pourrait même pas imaginer rencontrer en temps normal : ceux qui décident aux USA, ceux qui comptent en milliards de $$ et qui tirent un peu les ficelles de pas mal de chose sur cette planète. Accompagner des missionnaires frenchies lors de visite donne aussi ce genre d’opportunités. Et depuis les 6 mois où je suis là, on ressent l’effet qu’a eu l’élection présidentielle française au niveau du boulot et des échanges avec nos contacts américains : que ça soit du point de vue industriel ou dans la recherche, les USA veulent investir en France, mutualiser des connaissances, profiter d’infrastructures, construire des projets communs. OK, les ricains pourraient très bien se débrouiller sans nous (quoi qu’un nombre non négligeable de leurs chercheurs soit en fait des européens), mais les ouvertures créées par un discours comme hier ont une vraie résonance dans le choix des investissements ici. Les USA réalisent que d’autres pays commencent à leur faire de l’ombre dans pas mal de domaines, ils cherchent des partenaires. On serait bien cons et nombrilistes de penser que la France n’a pas besoin des Etats-Unis pour faire tourner ses industries et ses labos. Alors oui, ça peut être un jeu dangereux de tenter le copinage avec l’Oncle Sam, mais ça serait encore plus dangereux de ne rien tenter.
Avec du recul, en regardant par l’autre bout de la lorgnette depuis l’autre côté de l’Atlantique, je me demande si on ne devrait pas plutôt s’inquiéter de la montée d’autres pays, d’autres blocs, au lieu de se focaliser sur la tentative de Sarko à faire oublier l’épisode des Freedom Fries (voir une des photos du post précédent) face à un cow-boy repenti de l’alcoolisme qui n’est plus là que pour un an. Mais comme je disais, tout ça n’engage que moi !
A la vision de la video, la salle qui chante la marseillaise ca fait deja bizarre alors si j’avait été dans la salle je pense que ca m’aurait fait sacrément bizarre.
Ca doit pas faire la meme sensation que dans un stade de rugby .. c’est sûr !
L’avantage du consulat de France à Montréal, c’est qu’on n’a pas la place de recevoir une aussi grande brochette de trou du cul (président, ministres et autres lèches bottes !)
L’avantage du Canada, c’est qu’on n’a pas besoin de faire des grands discours et de brosser les canadiens dans le sens du poil pour qu’ils apprécient la France et plus largement l’Europe (pi le $CAD est plus fort que le $US … et ça fait bien chier les ricains !!!)
Sinon, je te préfére déguisé en boucher avec des citrouilles qu’en pingouin avec Sarko … Mais bon ça n’engage que moi
A la fameuse époque des “freedom fries” je travaillais à la chambre de commerce américaine, et étudiait la Science po à AU. Du coup, je suis d’autant plus ravie de lire tu sens que le comportement envers les français (même si c’est uniquement au niveau des sciences) change. Il faut quand même appuyer une fois de plus sur le fait que les américains ont une grave pénurie d’étudiant qui s’orientent vers la recherche; ils sont donc sûrement assez “désespérés” de créer des partenariats avec des chercheurs de qualité comme les équipes française pour la recherche fondamentale.
J’ai suivi au travers des news internationales et françaises la visite de Sarko aux States, et peu de choses en sont ressorties dans la presse. Par contre, je suis tombé par hasard sur son discours au congrès et là j’ai été très impressionné par son talent d’orateur, et son intelligence politique. Il est ferme, et efficace, il sait “leur” parler. Car au fond la communication avec les US, c’est surtout un style; et Sarko nous donnait aussi l’air de le faire effectivement très bien. Il ne baisse pas sa culotte, car il exige de parlementer avec les Iraniens, de créer un état palestinien, de faire signer Kyoto et de réévaluer le dollar (désolée pour les CAD). Et le pire, c’est que le congrès applaudit à ça. Et puis, côté sciences, la France ne peut que bénéficier de l’experience américaine en matière de recherche industrielle (on dit recherche appliquée, non?). C’est peut-être pas si mal au fond.
Merci d’avoir partagé les vidéos, tu chantes presque juste
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