Par Vince |
Bélize |
23 novembre 2007 |
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Comme je l’ai expliqué dans le précédent post, les tarifs proposés pour les excursions à la journée autour de San Ignacio sont exhorbitants. Mais l’envie de se plonger dans la jungle et de visister le parc naturel a été plus fort et nous finissons par trouver une solution alternative : on apprend que la boutique de souvenirs située à côté de notre hôtel fait aussi office de bureau de location de voitures ! Bingo, on loue un 4×4 pour la journée. Ne croyez pas qu’on est tombé sur une agence Avis ou Hertz, non il semble plutôt que certains locaux louent leur propre véhicule. On se retrouve quelques minutes plus tard au volant d’un 4×4 Toyota qui a déjà bien vécu : ça couine, le pare-brise est fendu, mais ça roule ! On s’équipe d’une carte (la seule disponible pour le pays d’ailleurs), on fait le plein, et nous voilà sur la route !
J’avoue qu’au début je ne fais pas le malin. La piste est bien mouillée, il y a des gens sur le bord par moment, et des fois le chemin est tellement défoncé que j’ai l’impression de revivre des épisodes du 4L Trophy. Mais la nature est telle qu’on l’avait imaginée : nous sommes en pleine jungle, avec palmiers, lianes, fougères, et végétation impénétrable. Puis d’un coup le paysage change radicalement de façon inattendue : dès que nous rentrons dans la parc naturel, les palmiers laissent place à des pins (!!) et les arbres sont plus clairsemés. Nous nous arrêtons pique-niquer au bord de Rio on Falls (un des sites vendu cher par les agences de voyage), et le paysage est vraiment sympa : des bassins de granite sont reliés par des cascades dans un paysage un peu escarpé. Pas le temps de se baigner, car on décide de pousser jusqu’à Caracol à 40km plus loin sur la piste.
Et là les choses deviennent intéressantes ! Quelques kilomètres plus loin, nous sommes arrêtés par un checkpoint militaire. Des types sympas mais armés jusqu’aux dents nous demandent de nous enregistrer. Pourquoi ? Bein quelques mois plus tôt des touristes se sont fait arrêter par des contrebandiers sur cette même piste, et un a fini allégé de sa tête. Du coup les autorités ne veulent plus prendre de risque et proposent deux solutions pour rejoindre Caracol : soit profiter de l’escorte qui fait 2 aller-retour dans la journée, soit signer un papier (une décharge ?) et s’aventurer tout seul au milieu de la jungle. Pas de bol pour nous, l’escorte est déjà partie depuis un moment. Pire, elle repart dans 2h de Caracol, et il nous faudra justement 2h de route pour rejoindre le site. Pas grave, on signe et on prend la route ! Advienne que pourra…
La piste se dégrade nettement, ça devient technique, humide, et surtout est on est seul au milieu de nulle part, à part quelques mercenaires militaires anglais en exercice qui tiraient à balles réelles. Le risque de crever m’inquiète plus que de croiser un contrebandier, mais finalement tout se passe bien. La végétation est incroyable, on s’attend presque à voir traverser un jaguar. Et enfin, nous voilà arrivés à Caracol. Ce site est le plus gros complexe de constructions mayas au Bélize, et est toujours en cours d’excavation. Il a été ouvert récemment au public (vu l’isolement, on comprend mieux : le bled le plus proche est à au moins 60km), et n’est donc que partiellement découvert. Ici vivaient plus de 150 000 mayas, soit la moitié de la population actuelle du Bélize. Difficile à imaginer… Au moment où on arrive, l’escorte militarisée s’en va, on était prévenu ! Nous voilà seuls sur le site, ou du moins c’est ce qu’on croit. On part directement à l’assaut du temple le plus haut, Caana. Il est encore le bâtiment le plus élevé du Bélize construit par l’homme, c’est pour dire ! L’ascension relève presque de l’escalade tellement les marches sont raides, et arrivés au sommet Isa surprend un toucan qui prend son envol ! Et d’en haut la vue est imprenable : on aperçoit d’autres temples, et on surplombe la canopée. Autre détail intéressant : un bonhomme armé d’une mitraillette s’est tranquillement installé sur un banc pendant notre montée, il nous attend en bas. On redescend, pas tranquille et il vient vers nous. Il s’agit en fait d’un flic, de la “Tourist Police Unit”, destiné à protéger le site contre les trafiquants qui trainent dans le coin. Ouf, rassurés ! Et il s’avère que ce policier est aussi un excellent guide, il connait son sujet par coeur (faut dire aussi qu’il s’emmerde pas mal sur place, du coup il bouquine les livres du site). Peu commun comme guide, mais on passe un moment incroyable avec lui. Il va même nous montrer les singes hurleurs qui rodent par là et qui essaient de nous déféquer à la figure. Ce guide nous explique en particulier que le coin est dangeureux à cause des traficants venus cueillir une plante aux multiples usages. On y croit moyen, vu que le Bélize est un des axes majeurs du trafic de drogue vers les USA, et là on n’est qu’à 5km du Guatemala. Mais pour une première expérience avec les ruines mayas, je suis comblé !
Il est temps de reprendre la piste pour revenir à San Ignacio. Là encore, je ne suis pas du tout serein sur les premiers kilomètres, le flic armé ne nous a pas rassuré. Mais tout se passe bien, et après quelques heures à être secoués, on rejoint notre petit hôtel. Au final, la combine de la location du 4×4 nous est revenu deux fois moins cher qu’en passant par un groupe organisé. Bon à savoir…
Coucou cher cousin je te souhaite une très bonne année 2008 !!!
J’espère que tout va toujours aussi bien pour toi.
Si tu savais comme je t’envie ça doit vraiment être magnifique et tu connais mon goût pour l’Amérique du Sud…
Espérons qu’un jour tu viennes me voir moi et pas les mayas !!!
Gros bisous !