Par Isa | USA | 16 novembre 2007 | Commentaires 4

2 ans plus tard

Ma décision est prise je rentre au pays de la baguette et du fromage qui pue. Un ton un peu ironique pour une envie profonde de rentrer « à la maison », pas forcement au Causse, à Montpellier, mais en France ou en Europe. Il est donc temps de faire un bilan ou un résumé sur deux ans au milieu des hamburgers et des pick-ups. Je suis partie pour ma carrière mais j’ai decouvert bien plus, professionnellement, personnellement, culturellement, une experience riche en rencontres aussi. Aujourdhui, je rentre pour moi.

La découverte - Mes premiers pas dans ce pays ont été timides mais mon intégration a été simplifiée par de veritables amis Sarah et Tim. J’ai même eu la chance de voir l’arrivée de leur petit Milan le 29 juin dernier.

J’ai réellement pris mon « envol » américain en m’installant en collocation avec trois autres americains. Ce fut le choc culturel : un immense afro-americain du texas sortant avec une petite blonde, une Pittsbourgeoise maintenant mariée avec un entraineur de football et une sèche connecticoise avec un mec différent chaque week-end. Donc à moi football, baseball, films et musique typiquement américains (ceux qui n’ont jamais traversés l’atlantique), happy-hours et soirées à adams Morgan ou Dupont Circle, la cuisine texane, des petits déjeuners américains, les vrais hamburgers. Merci à Wesley, celui que je considère comme mon frère américain. J’ai connu halloween, Thanksgiving, les festivals, les fiancailles et le mariage de Jen et Ricky, les baby-showers. J’ai pu aussi palper une ferveur religieuse immense, beaucoup de superficiel, une importance du status social bien plus marquée qu’en France (notamment être marié), un patriotisme très présent, les faces choquées quand on parle de sexe à la télé mais aucun problème avec la violence, la personnification des animaux de compagnie, les enfants « rois ». Les films ne nous mentent pas, n’exagèrent pas. Je pense que j’en oublie des meilleures mais comment se souvenir et résumer deux ans en quelques lignes ?

God Bless America - Mon anglais a alors progressé en flèche. Les Oh my god! I am gonna, I wanna, I gotta m’ont plus d’une fois fait perdre mon francais. Je me suis alors ouverte au monde allant de rencontres en rencontres, de vrais amis pour certains, présents en toutes occasions, des copains de passage pour d’autres, connaissances internationales pour sûr. En parallèle, le boulot roulait et la motivation était là avec des collègues sympas. J’ai aussi un peu voyage par ci, par là, retrouvant Moustik à Vegas et à Orlando.

La contre-partie - Dc est une plaque tournante et donc, à un moment, les amis s’en vont, donnant une impression de recommencer à zéro. Arrive alors les coups de blues et les différences qui étaient excitantes deviennent des références manquantes et des décalages. Le fromage qui pue, la baguette et le bon vin commencent à manquer ainsi que la mer à 20 min et la tranquilite de la campagne. Même mes séjours hors de Dc ou des USA ont finit par ne plus pallier au manque. Pour trouver un peu de recomfort je me suis rapprochée des francophones tant évités par le passé, des « ambassadeur V.I. » de France, du bistro du coin et barbecues pour les élections, merci à Aurélie pour ça.

Séquence d’une vie d’expatriée -Après la phase de découverte, la phase euphorique de « je demanderai la carte verte », arrive la phase de « je rentrerai un jour en Europe », et puis celle de « c’est décidé je rentre dès que je trouve un autre boulot » et finalement, concours de circonstances aidant, le « je rentre advienne que pourra, de toutes façons je trouverai toujours du boulot ».

Conclusion - Aucun regret bien au contraire, j’ai beaucoup moustiqué (réactions terribles à la clé), j’ai voyagé, j’ai beaucoup appris sur les autres, je me suis redécouverte. Ce fut une véritable expérience que je souhaite à tout le monde de vivre.

Je tiens à m’excuser auprès de tous ceux qui n’ont pas eu le temps de venir me voir. Mais voila, il est temps de rentrer un petit peu, de me ressourcer, pour mieux repartir certainement. J’ai la fièvre voyageuse mais je ne suis pas la seule….

…..thanks god!

4 commentaires
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  1. Ma Mosquito Killer,

    un grand soupir a la lecture de ce tres juste billet … j’ai la tres grande sensation que finalement l’expatriation tant que tu ne l’as pas vecu tu ne peux pas en parler …. et la tu en parles tres bien. Merci !
    d une cote a l’autre on a un peu vecu les memes moments …moins neigeux et moins arrosés (dans les deux sens du terme !!!!) pour moi mais les larmes et les sourires avaient la meme profondeur
    Reviens vite poser tes valises … la Belgique vous attend !
    plein de bises et bonnes vacances a vous deux

  2. je plaisante pas si tu veux venir poser tes valises ici pas de souci
    y’a tout … une chambre, une connection internet et Moi ! hihhihih

  3. Bon retour en France… la réacclimatation se fait plus facilement que ce que l’on peut croire… welcome back!

  4. Quelle belle histoire “américaine”.
    Presque une année sans te voir…le Causse se prépare à l’évènement de cette fin d’année.
    Bonnes vacances !!!

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