Par Vince |
USA |
20 juin 2007 |
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Nous voilà dans la ville des Spurs, heureux gagnants du tournoi NBA cette année. La pluie continue toujours de tomber, même si le déluge s’est un peu calmé. Il nous tardait d’arriver pour visiter les missions. “Missions”, kézako ? Il s’agit de sorte d’églises entourées de fortifications destinées à inculquer une éducation religieuse et un peu de savoir vivre aux tribus indiennes autochtones. Elles ont été créées fin du 17ème siècle par les premiers colons espagnols venus évangéliser le nouveau monde. Bon, voilà pour le micro court d’histoire. Tout ça pour dire que voir les missions aux USA, c’est comme croiser des fondations galo-romaines sur les aires d’autoroute en France : il s’agit de vieilles pierres, ça fait jamais de mal, surtout au pays des hot dog. Il y a 5 missions en tout, et malgré la pluie on les a toutes faites. Mes préférées : Mission San José et Mission Espada (celle avec le bidon d’eau bénite).
On enchaîne avec le centre de San Antonio, en commençant par le fort Alamo, là où David Crocket a rendu l’âme en défendant le dernier bastion américain devant l’envahisseur mexicain. Du coup le lieu a été récupéré pour nourrir la fibre patriotique de ricains en mal d’histoire. Le reste de l’hypercentre est conçu pour les piétons, ils appellent ça le River Walk. Ca part d’une bonne intention : une canal artificiel fait le tour du centre et permet de relier les points intéressants. Sauf que ça ressemble à du DisneyLand mal léché : l’eau sent la Javel ou les égoûts selon l’endroit, la végétation est sympa mais fait penser aux abords des attractions de Port Aventura, et malheureusement pour nous, les terrasses étaient désertes. Avant de repartir, petit détour dans un restaurant mexicain (encore !) à la déco très sympa et qui est réputé il parait.
On ressaute donc dans la voiture pour quitter ces grosses villes texanes sans charme qui ne nous ont pas du tout emballé. Et puis on a décidé d’opter pour un voyage dans la nature, donc c’est l’heure de partir dans le désert. Direction Del Rio ! La route est longue, très longue. Mais la découverte des premiers ranchs nous maintient réveillés. L’odeur des chaussettes qui sèchent sur le tableau de bord nous maintiennent aussi bien réveillés. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans l’Ouest, la végétation devient de plus en plus arride. Les lignes droites se rallongent.
Avant la tombée de la nuit, on arrive à Del Rio, à la frontière avec le Mexique. On sent largement l’influence du pays voisin ici. Au Walmart, on fait le plein de courses pour vivre en autarcie les jours qui vont suivre : 20L d’eau, stock de fajitas, Smirnoffs, bouteille de vin, légumes, fruits et sardines. Au passage, petit anecdote : j’achète un couteau pour le camping à 0,99$, et au moment de payer la caissière me demande mon permis de conduire (et oui, ici si t’as pas de permis tu n’existes pas). Elle évidemment elle ne connaît pas le permis du Governement of State (DC et les ambassades, c’est loin du Texas…), elle doit appeler le gérant du Walmart pour qu’il m’autorise à acheter ce petit couteau… Et dire qu’à côté du rayon des céréales du même magasin on aurait pu acheter une carabine avec ses cartouches. No comment… La raison invoquée : on n’est pas loin de la frontière, donc dans une zone sensible. Paranoïa quand tu les tient… D’ailleurs en sortant de la ville on se fait arrêter par des gardes frontière histoire de vérifier si on ne cache pas des chicanos dans la boite à gant ou dans le coffre. Encore une fois nos ID du gouvernement sont étudiés avec le regard perplexe et incrédule des Rangers.
Encore un peu plus, on s’approche d’un lac pour contempler le coucher du soleil. les couleurs sont magnifiques vu la pureté du ciel ici. Fait étrange : au bord de la route on trouve une tortue de mer écrasée !! Brice est formel, il a nagé avec ses homologues (vivantes) à Hawaï 15 jours avant (oui, c’est cool la vie de VIA à Washington…).
On continue de rouler de nuit pour s’approcher de Big bend au maximum pour le lendemain matin. On avance donc dans des paysages sans rien voir à part le bitume qui défile en se disant que le lendemain on risque d’avoir une belle surprise. On plante la tente à Alpine à 1h30 du matin, sur le bord d’une route, après avoir croisé de très près quelques biches.