Par Vince | USA | 21 juin 2007 | Commentaires 0

Road Trip #1 - Jour 5 - Texas, Big Bend

Comment décrire cette journée avec des mots simples ? Je ne sais même pas par quoi commencer tellement on s’en est pris plein la vue. Allez, je vais d’abord situer un peu où nous sommes : Big Bend fait partie du réseau National Park. Il est situé tout au sud du Texas, longé dans toute sa longueur par le Rio Grande. Il faut aussi préciser qu’il s’agit d’un des plus grand parc nationaux mais aussi le moins visité. Big Bend, ça se mérite : la grosse ville la plus proche est El Paso à 5h30 de route à plus de 500km. Autant dire que c’est isolé. Voilà, la géographie, ça c’est fait.

Revenons à notre campement de la veille. Comme j’avais dit, on avait planté la tente au bord de la route sans savoir où on allait se réveiller. A 7h du matin, on se lève avec le soleil entourés de cactus en bordure d’une petite ville dans un paysage montagneux. Alpine, la ville où on est, ressemble à un décor de série à petit budget : Cow Boy en pick up délabrés, la station service et le Hardware Store semblent fédérer les habitants. On remonte dans la voiture et on trace plein Sud sans tarder car on a encore 2h de route pour arriver dans le parc national. Je vais me répéter, mais les paysages sont incroyables sur la route : cactus comme je n’en avais jamais vu, herbes sèches, le reste est aride, des montagnes rouges viennent parfois interrompre des plaines désertiques. J’oubliais un détail de taille : nous rentrons dans le désert du chihuahua, et nous allons y rester jusqu’à la fin du voyage !

Nous atteignons enfin l’entrée du parc. Les routes sont désertes, on n’arrête pas de faire des pauses photos. Après avoir récupéré les infos au Visitor Center (je suis agréablement étonné de la qualité des renseignements fournis par les Rangers et par la pertinence des prospectus, voilà, c’est dit), on décide du programme de la journée : on commencera par le canyon de Santa Helena. Allez, go vers les rives du Rio Grande. Plus on s’approche, plus on voit les traces de l’orage de la veille. Mais là on est sous un soleil de plomb. Nous voilà au canyon, on fait un petit trail d’une heure pour s’y enfoncer en longeant le Rio Grande. Bein en fait il est pas si Grande que ça ce fleuve : plutôt étroit et boueux. Dommage, on voulait s’y baigner, mais trop risqué avec le courant et le risque de choper des maladies vue la tête de l’eau (plus le risque de se faire descendre par des flics ricains zélés qui nous auraient confondu avec des mexicains en quête de l’American Dream).

Après le Rio Grande, on prend une piste de 20 km qui coupe dans le désert réservée aux 4×4. On tente le coup avec notre Chevrolet Malibu manifestement pas conçue pour le tout-terrain. Au début ça se passe bien, mais rapidement on retombe sur des coulées de boue de la veille qui n’ont pas séché malgré les 104°F (40°C) à l’ombre. Ca racle sous la caisse, on pourrit l’extérieur et l’intérieur, mais on arrive au bout ! On s’enfonce au coeur du parc pour faire une marche un peu plus solide que celle faite dans le canyon. On avait repéré un trail de 4,8 miles (8km) qu’on attaque au milieu de l’après midi. Après 2L d’eau chacun et 1h30 de montée, nous voilà en haut, avec une vue incroyable sur l’ensemble du parc. Cerise sur le gateau : en haut nous croisons notre premier Roadrunner (le Bip-Bip dans Tex Avery, c’est lui). On s’en prend plein les yeux, et on redescend pour dormir.

On avait repéré un endroit génial pour dormir : sur le bord de la piste de tout à l’heure, au milieu des cactus, pas un signe de vie à l’horizon. On plante la tente de sorte à voir le coucher du soleil sur la plaine et le lever sur les montagnes pour le lendemain matin. On attaque à peine nos Smirnoffs du jour qu’un Ranger débarque pour nous dire de dégager de là. On s’en doutait un peu mais il fallait tenter le coup. Pour éviter les ennuis, on quitte carrément le parc pour s’isoler et on trouve un autre lieu qui nous semble idéal. On s’installe à nouveau. Sauf que dès que la tente est montée, on se fait littéralement bouffer par un nuage de moustiques ! On en a des dizaines sur le corps, c’est inimaginable. La crème répulsive est complètement inefficace. Du coup on attend dans la voiture le temps que les pâtes chauffent, en se battant avec les stiques qui ont réussi à rentrer dans la caisse (une cinquantaine vu le nombre de cadavres retrouvés le lendemain incrustés dans la moquette du plafond et par terre). Même mission de démousticage dans la tente. Dur de s’endormir aussi en entendant un bourdonnement qui tient du brouhaha vu la concentration de bestioles assoiffées de sang.

Mais au réveil (6h30), le lever du soleil sur Big Bend nous fait presque oublier les désagréments de la soirée. Satané Ranger qui nous a viré du parc la veille, on lui en voudra le reste du voyage…

Laisser un commentaire