Par Vince |
USA |
8 mars 2008 |
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L’arrivée à Ridgecrest la veille, la première rencontre avec un saloon et un cheval parqué devant, les cactus, les champs de cailloux, tout ça nous a paru un peu surréaliste quand on sait que quelques heures avant on était sous 2 mètres de neige par endroits. Une fois la Sierra Nevada contournée par le sud, le paysage change radicalement. Fini les routes tortueuses, bonjour les lignes droites et le désert du Mojave jusqu’à l’horizon.
C’est donc dans un décor bien différent de celui de la veille qu’on se lève en cet avant dernier-jour du voyage. On commence la matinée par un détour sur une autre planète. Une piste tracée sur un lac asséché nous mène jusqu’à Trona Pinnacles, où des totems de pierre nous surplombent. Difficile de croire que ces 500 “cheminées” (ou tufa) se sont formées naturellement. Le lieu a été abondamment utilisé pour tourner des films, dont un Star Trek. Vu la châleur ici au milieu du désert, Spok a du fondre sur place.
Plus au nord, nous rentrons enfin dans le Death Valley National Park (ou Vallée de la Mort pour les anglophobes). Encore une fois, il est difficile de décrire un endroit pareil. On s’imaginait arriver au milieu d’une plaine sans fin, plate et aride. L’endroit est en fait une cuvette coincée entre deux rangées de montagnes, qui s’étire sur plus de 250km de long. Et le route est tout sauf ennuyeuse : au nord de la vallée on trouve des dunes de sable (déjà brûlantes en ce début de mois de Mars, on pouvait à peine marcher pieds nus par endroit tellement le sable était chaud), plus bas on peut rentrer dans des canyons latéraux aux couleurs inimaginables en ces lieux. Par endroit la pierre est verte, bleu, rouge, ocre, jaune. En poussant encore la route plus au sud, on attend les zones “sous le niveau de la mer”, où la végétation ne pousse plus, le sol étant recouvert d’une croute de cristaux de sel. Et non, quand on est à -50 mètres d’altitude, on n’étouffe pas et les oreilles ne se bouchent pas ! Cerise sur le gâteau, nous avons la chance de tomber sur la très courte période de floraison des fleurs du désert. Par endroits, le sol est couverts de fleurs éphémères jaunes, spectacle de l’impossible qui ne dure que quelques jours avant que le soleil ne brûle tout. Pour être honnête, on a fait les malins en se disant que si tôt dans l’année on n’aurait pas besoin du gallon d’eau par personne recommandé, en embarquant 2 bouteilles pour 4. Mais l’air sec et les 300 km qui séparent la seule boutique du parc et la première ville plus au sud nous ont amèrement fait regretter notre choix. Au final, la seule petite déception de la journée aura été un village fantôme tellement fantôme qu’il n’existe plus.
Les conditions extrèmes (on a dépassé les 30° C), l’immensité de la Vallée (aussi grande qu’une région Française), sa situation géographique reculée au milieu du désert du Mojave, l’inexistence d’eau potable, la sécheresse de l’air sont autant de facteurs qui rendent l’endroit impossible à vivre. Si l’Enfer existe sur Terre, il doit être ici. Et pourtant. C’est bien ici que le rêve de nombreux chercheurs d’or s’est réalisé. Le parc est criblé de mines désaffectées, souvent de simple trou qui menacent de s’effondrer. Après avoir passé une journée dans ce lieu exceptionnel, on n’aura toujours pas réussi à comprendre comment les premiers prospecteurs ont eu l’idée de jeter les premiers cours de pioche ici, dans un endroit si … “inhumain”.