Par Isa |
Guyane Francaise |
14 février 2009 |
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Désolée pour ce long silence sur le blog. On se rattrape avec le récit de notre escapade au Brésil d’il y a 3 semaines…
Comme nous nous en doutions la vie en Guyane nous amène de belles aventures, alliant l’excitation de ce que je connaissais des missions de terrain et une vie sociale plus stable. Alors voilà comment en trois jours je suis passée d’Albina (au Surinam) pour le boulot à Oiapoque (au Brésil), pour le plaisir cette fois.
Pour commencer, petit rappel du contexte sanitaire dans le département français où nous vivons : nous sommes passés en phase épidémique de la Dengue (mais ça ne rend pas dingue, ne vous inquiétez pas). Tout ça pour dire, que dans le cadre de nos recherche sur le sujet, je suis partie avec un de mes collègues à Saint Laurent du Maroni et à Kourou pour collecter des larves de la bête incriminée dans la dite épidémie. Bref ! La collecte a été tellement bonne et rapide que nous avons traversé le fleuve Maroni en pirogue pour aller manger au Surinam dans la ville frontière. Le Fleuve est très large et mouvementé car nous sommes proche de l’embouchure. Les pirogues des noir-marrons sont différentes de celle des amérindiens avec des extrémités relevés et un corps plus étroit.Une fois de l’autre côté rien d’extraordinaire but I did it : plats locaux, les autochtones causent néerlandais et ils conduisent à gauche (héritage lointain de colons anglais). La visite de Saint Laurent a aussi été fort agréable avec un tour rapide au milieu des bâtiment coloniaux et pénitenciere rénovés. C’était aussi l’occasion de repérer les lieux avant la venue imminente des parents.
Le lendemain retour à Cayenne en passant par Kourou. Et nous voila repartie Vincent et moi, le chat restant comme un grand à la maison ! D’un coup de 1h30 de voiture à l’Est nous rejoignons un groupe de collègues à l’auberge de l’Approuague. Située au bord du fleuve du même nom, on en a profité pour se baigner et prendre un petit café dans un superbe décors. Nous revoilà sur la route défoncée, et après 1h30 à esquiver les nids de poules (et à réparer le pneu éclaté de la voiture d’un collègue), nous arrivons à Saint Georges de l’Oyapock. De là, nous traversons la frontière en pirogue. (Parenthèse culturelle : le fleuve Oyapock est la plus grande frontière terrestre de la France avec un pays étranger, ça peut toujours dépanner de savoir ça si vous vous retrouvez en finale de Qui Veut Gagner des Millions). On a posé nos sacs et hamacs à l’auberge de Rona (le brésilien repenti à l’écotourisme de Thalassa Guyane pour ceux qui l’ont vu). Il ne restait plus qu’à découvir l’ambiance de fête perpétuelle d’Oiapocke. Installés sur la place centrale de la “ville”, on s’est enfilé churrascaria (grillades), brochettes de fromage grillé, frites maison et …Caipirinha !!!!!!! L’ambiance survoltée était un peu particulière, entre les filles en jupe courte à tous les coins de rue et les orpailleurs en “permission”. Oiapocke, c’est un peu le Far West : avec une pépite dans la poche, tout est possible.
Le lendemain, nous sommes allés faire un tour en pirogue du côté du saut Maripa. Ces “chutes” sont impresionnantes en cette petite saison des pluies. On en a profité pour se promener le long de la seule voie ferrée de Guyane, autrefois utilisée pour faire transiter les marchandises d’un côté à l’autre du saut. C’était un peu surréaliste de longer ces rails au milieu de la jungle… Au bout de la voie, en amont du saut, Vincent a eu l’occasion de voir pour la première fois des amérindiens en kalimbé qui attendaient un piroguier pour leur faire remonter le fleuve. Drôle de contraste avec le légionnaire qui surveillait la zone à 10m de là, accroché à son Famas. Je suis pas sûre que la notion de frontière signifie grand chose pour les habitants du fleuve. De toute façon je vois pas comment ils peuvent ranger leur passeport dans leur pagne.
La traversée du retour à Saint George de l’Oyapock a été comme un choc : ville calme et déserte, rues bien bitumées, bar et restaurants fermés. Tout ça avait un air de “colonie à l’abandon”. Heureusement que le retour à Cayenne a chassé cette impression. Les illumination de Noel font de la résistance : la fin de Carnaval approche, et il ne faut pas rater ça !