Par Vince |
Guyane Francaise |
20 septembre 2009 |
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Malgré le dépaysement quotidien, quelques événements nous rappellent que nous sommes bien (encore) un département français. Ce WE, comme en métropole, nous avons pu profiter des Journées du Patrimoine.
Au lieu de se contenter des classiques visites de bâtiments historiques autour de Cayenne, on a préféré s’envoyer en l’air : direction Régina pour le survol des marais de Kaw. Après avoir avalé les 1h45 de route nationale qui éventre la forêt jusqu’au Brésil et après avoir passé le barrage de l’armée à Bélizon qui commence à devenir une formalité, nous voilà enfin arrivés à Régina. Régina… Le genre d’endroit où l’on ne va que si on a une bonne raison : en retrait de la RN, le village se remet lentement du contre-coup encaissé après la Ruée vers l’Or. Pourtant les veilles maisons dégagent un certain charme, et des efforts sont faits pour revaloriser le coin. L’éco-musée qui a été inauguré récemment en est un bel exemple ; l’expo proposée n’a rien à envier aux “musées” de Cayenne, et l’accueil est des plus sympatiques. Le village est aussi le point de départ vers les camps touristiques installés en amont sur le fleuve Approuague, mais ça sera pour une prochaine fois.
Revenons à notre avion… L’aéro-club proposait pour ce WE le survol de la région pour découvrir ce coin de Guyane, vu du ciel. Nous voilà donc prêts à embarquer dans notre coucou de 4 places. La ballade, même si elle n’a duré que 20 min, a permis d’en prendre plein les yeux.
En suivant le cours de l’Approuague, on arrive déjà au dessus des marais de Kaw. On aperçoit le village en contrebas, la crique Wapu, la ferme d’élevage de zébus. Le contraste entre la forêt “primaire” et les zones humides est saisissante : des collines abritant de grands arbres semblent posées comme autant d’îles dans un océan de verdure, plus claire, composé par un nombre incalculable de palmiers.
Puis le pilote nous indique l’emplacement de l’ancien village de Guisambourg, point de départ vers l’Eldorado guyanais a début du siècle. La Nature semble avoir déjà complètement digéré les anciennes bâtisses, il ne reste à priori plus rien de visible depuis les airs. La remontée vers Régina permet de réaliser à quel point la Guyane vallonnée. Et à quel point elle est pleine de vi(d)e : l’immensité de la forêt, à perte de vue, donne le tournis. Un désert vert défile sous nos yeux. On a beau savoir que la densité d’espèces bat ici tous les records, l’absence de toute présence humaine visible est perturbante. C’est un peu comme se retrouver sur un plateau de l’Atlas marocain ou sur une steppe tibétaine (toute proportion gardée au niveau de la température) : Désert minéral ou exubérance végétale, partout où porte le regard, on a cette impression d’être seul au monde.Il est déjà l’heure de revenir sur terre. La piste de 1km de long semble minuscule dans ce paysage, mais le pilote nous ramène à bon port sans problème.
En tout cas, je suis maintenant convaincu d’une chose : si un Dieu a créé ce coin du monde, il devait être végétarien. Et aimer les brocolis.