Par Vince |
Guyane Francaise |
15 janvier 2009 |
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Samedi dernier nous avons passé l’après-midi et la soirée dans les marais de Kaw, une réserve naturelle créée en 1998 et située à 1h30 au Sud de Cayenne. C’était aussi notre première sortie en “groupe” avec les copains de Pasteur. Nous voilà donc tous les 10 entassés dans une pirogue (comme quoi, on avait bien vu en choisissant le titre du blog), prêts à découvrir ces marais qui constituent la plus vaste zone humide de France.
La ballade commence par le petit village de Kaw, uniquement accessible par les eaux ! L’église, le bureau de Poste, l’école primaire, le centre de santé et la “discothèque” sont uniquement alimentés pas des panneaux solaires et des groupes électrogènes. Ici, pas de goudron sur les 2 rues sablonneuses qui se croisent au milieu du village, il n’y a pas de voiture ! Le facteur relève le courrier une fois par semaine, le médecin passe de temps en temps, et tout le monde vie au rythme de la chasse et de la pêche. Pour alimenter le côté bizarre de ce lieu hors-normes, on pêche ici l’atipa bosco, un poisson à carapace tout droit sorti de la pré-histoire. La preuve ? Il s’enfouit dans la vase en saison sèche, traverse les routes en marchant sur ses nageoires pour naviguer d’une mare à une autre, et peut même se noyer s’il est bloqué car il doit venir respirer en surface. Tout un programme… mais il paraît que c’est excellent. La bestiole a même droit à son festival annuel, ça serait une bonne occasion pour voir ce qu’il cache sous sa cuirasse. Pour les amateurs d’endroits tranquilles, Kaw devrait figurer sur vitre liste. Sur les photos, le village peut sembler fantôme : la soixantaine d’habitants n’apprécie pas du tout les photographies. On les comprend, même si le flot de touristes est limité, l’exigüité des lieux peut vite transformer le village en zoo.
Après une visite éclair au musée du village (qui a au moins le mérite de donner du travail à une paire d’employés municipaux locaux), nous remontons dans la pirogue pour nous enfoncer dans les marais. Le spectacle est saisissant, et tranche radicalement avec ce que nous avons pu voir jusqu’à présent en Guyane : bien que le vert domine toujours, la vue est dégagée. Ca peut sembler bête dit comme ça, mais il faut réaliser qu’en forêt on voit rarement à plus de 50m devant soi. Ici, les marais s’étalent à perte de vue. On a l’impression de respirer ! On retrouve ici une partie de la faune et de la flore qu’on avait déjà croisé aux pripri de Yiyi : Jacanas, hérons cocoï, moucou-moucou. Mais les marais hébergent un tas d’autres bébêtes plus ou moins sympas : tortues, zébus, troglodytes à miroir (on parle ici d’oiseaux, et pas d’autochtones en short avec un miroir à la main), caïmans rouges, caïmans à lunette, caïmans noir (les plus gros peuvent faire 6m…) et pour manger tout ça rajoutez une poignée d’anacondas. On n’aura pas vu de représentant de ces serpents géants, mais le guide nous a gentiment rappelé qu’ils pouvaient s’attaquer à des caïmans de 3m. Ca calme…
La ballade nous fait remonter le long de la crique Wapu qui prolonge la rivière de Kaw. Un groupe de cabiaïs nous fait l’honneur de ne pas fuir quand on s’approche. Cabiaï, kézako ? C’est le plus gros rongeur que Mère Nature a engendré : aussi gros qu’un mouton nain, aussi mignon qu’un lapin, on se retrouve face à face à une famille de hamsters géants. Après 3h de pirogue, on met enfin les pieds sur la terre ferme pour un ti-punch/apéro/pique-nique bien mérité.
La nuit tombe alors qu’on finit nos sandwichs, il est l’heure de traquer le caïman ! Armé d’une lampe torche, notre guide est à l’affut du moindre scintillement rougeâtre qui trahirait la présence d’un crocodilien. Malheureusement pour nous, on a eu la bonne idée de venir au tout début de la saison des pluies. Les caïmans se sont tous fais la malle dans les hautes herbes, mais le niveau de l’eau ne permet pas d’aller les suivre en dehors du lit de la rivière. On arrive toutefois à en surprendre quelques uns, dont un de très près qui finira dans nos mains. Dans les eaux troubles, on repère aussi une grosse anguille électrique. Pas fous, on évite soigneusement de la flasher avec nos appareils photos pour éviter de se prendre une décharge de 500V (sous 2 ampères, et oui, ça pique !). Notre pirogue glisse lentement sur les marais éclairés par la pleine lune jusqu’à l’embarcadère. Nous voilà arrivés, il est 22h30, tout le monde au lit !