Par Vince |
Guyane Francaise |
15 juillet 2009 |
4
Un jour férié + un jour de congé = WE prolongé pour découvrir un peu mieux la Guyane. CQFD.
Il s’en est fallu de peu pour qu’on vous raconte ici l’histoire d’un super WE au Suriname. Ah… Paramaribo, ses casinos, ses bars, ses petites rues et ses coins glauques… Mais les services des visas en ont décidé autrement. Après 3 tentatives ratées, levés aux aurores pour faire la queue comme un sans papier devant le consulat, on s’est rendu à l’évidence : il va falloir trouver un plan B. Quelle bonne idée de réduire les quotas de visas pendant les vacances (60 visas max / jour pour Cayenne…) ! C’est vrai, qui aurait l’idée de voyager pendant ses congés ? Bref, autre pays, autres moeurs comme dirait l’autre.
Pas grave, on s’organise en moins de 2 un petit WE à vadrouiller en forêt. Allez, on entasse toute la troupe dans notre “nouveau” Berlingo et un Kangoo, et on file poser nos hamacs à l’Auberge des Orpailleurs, à 1h de trajet sur la route de l’Est.
Note pour ceux qui n’ont pas encore réalisé : il n’y a que 2 routes principales en Guyane : La route de l’Est, et la route de l’Ouest. Pas besoin de GPS. Et pas de risque d’atterrir à l’étranger, le goudron se termine dans des fleuves à chaque bout. Il suffit juste d’avoir ses papiers pour passer les barrages de l’armée positionnés de chaque côté. Ou savoir faire du gringue au gendarme.
On poursuit ensuite jusqu’à départ du layon qui permet d’atteindre la Savane Roche Virginie. On planque la voiture dans des fourrés (ça craint pas mal dans le coin), et la journée commence bien : attaque de mouches-feu pour ceux sortis côté passager, entailles d’herbes ciseaux pour celui sorti côté conducteur. Même pas peur, on attaque les 2h de rando. Pas peur ? Pas si sûr que ça en voyant la tête d’Isa 20 min plus tard : un serpent corail d’1m50 squatte une crique et s’approche pour voir si nous pourrions être son prochain repas. Bien décidés à ne pas contredire nos notions de chaîne alimentaire, on l’évite soigneusement et nous poursuivons notre route. Le layon traverse quelques criques, on enjambe des chablis, et on finit pas déboucher sur un bloc de granite aussi lisse que le crâne de Barthès. Nous voilà enfin sur la savane roche. Heureusement pour nous, il n’a pas plu récemment, et on accroche au caillou comme un gecko sur le mur du salon. On profite de ce paysage assez rare en Guyane en dévorant notre pique-nique, les fesses sur cette roche noire qui chauffe autant qu’une plancha. Bizarre d’avoir autre chose que de la latérite sous les semelles, et la vue sur la canopée est magnifique. Pas étonnant que ce coin ne soit sur aucun guide. C’est le genre de petit bijou qu’on se refile de bouche à oreille.
Dimanche, on change un peu de registre. Au programme, apéro et pique-nique à la cascade Tibourou. Le lieu est là aussi un petit coin de paradis, avec une “marmite”, espèce de jacuzzi naturel dans lequel on peut confortablement s’installer à 9 à l’ombre d’arbres gigantesques. La cascade se trouve sur la crique Nuages. Celui qui l’a nommé ainsi savait de quoi il parlait : à peine arrivés sur le site, on se retrouve sous des trombes d’eau. Pour vous donner une idée d’une averse de ce type en Guyane, c’est un peu comme se retrouver sous une douche tiède tout habillé, l’eau ouverte à fond et le pommeau réglé en position “massage tonique”. Mais bon, vu qu’on est étanche et qu’on avait déjà les pieds dans l’eau, on a sifflé tranquillou notre bouteille de Belle Cabresse en chantant sous la pluie. Jusqu’au moment où Isa a mis à rude épreuve le staff médical de notre WE Koh Lanta. En moins d’une heure, son pied droit a failli finir à la casse : pour commencer, une entaille profonde met nos 3 infirmiers en alerte (c’est toujours une bonne idée de partir avec des infirmiers en forêt, il n’y a qu’eux pour se trimballer avec de la Biseptine, des gazes et de la bande pour un pique-nique). Puis sur le chemin du retour, après avoir traversé en équilibre une crique sur un tronc couché, c’est au tour de la cheville droite d’Isa de lâcher. Et hop, une entorse en pleine forêt ! Heureusement qu’on n’est qu’à 30 min de la voiture. De retour aux hamacs, l’équipe d’Urgences prend en charge notre blessée du jour. C’est parti pour 15 jours d’atèle. Pas de bol. La “Tuche” comme diraient Fifi et Jéjé.
Lundi a été plus cool : hamac, canoë (sous des trombes d’eau - qui a dit que la saison des pluies était finie ?) et pêche. Je profite de ce post pour caser un peu de pub gratos pour l’Auberge des Orpailleurs : on y mange incroyablement bien (une pensée émue pour la loubine au lait de coco, ou le civet de cochon bois), les prix sont plus que raisonnables, et les aubergistes sont sympas. Et c’est un camp de base idéal pour les 2 ballades qu’on a fait dans le WE.
Pour finir, comme d’habitude, on vous balance les photos du WE ci-dessous. On a essayé pour la première l’objectif grand-angle en forêt, et faut avouer qu’on est agréablement surpris du résultat. A vous de juger…
PS : Une autre version de l’histoire avec encore plus de photos est dispo ici : http://les.anopheles.et.nous.over-blog.com/
Ça nous avait l’air plutôt chouette ce petit we… Est-ce que le barrage au pied du jacuzzi fait à notre passage a tenu ?
Le barrage avait été un peu éventré, mais remis sur pied en 10 minutes. Du coup on a failli retrouver nos sacs sous l’eau !
Bein dis donc ça ressemble un peu à chez nous le coin
J’amène mes parents faire un tour à Sumatra pour aller taquiner l’orang outang, j’espère qu’il n’y aura pas de serpent corail ou assimilé au programme…
Bisous !
Tu nous enverras une photo de toi déguisé en infirmier (nan, ce n’est pas un fantasme)
Je prends toujours autant de plaisir à venir lire vos aventures sur ce blog. Camper en Carbet a l’air fun ! Bon rétablissement à la cheville d’Isa ! Big bisous ! Candice et Benjamin.