Par Isa |
Guyane Francaise |
17 mars 2009 |
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Qu’est ce qu’évoque le Maroni pour vous? Fleuve, frontière avec le Suriname, le bagne, ou rien peut-être? C’est à Saint Laurent et à Saint Jean du Maroni que se trouvaient les camps de la transportation (condamnés de droit commun) et de la relégation (condamnés multirécidivistes). Saint Laurent, aiguillage de l’administration pénitentiaire, a été créée pour réceptionner les nouveaux bagnards avant de les envoyer dans d’autres camps. Mais le Maroni c’est aussi l’un des plus gros fleuves de la région avec par moments 3 Km de largeur, bien plus impressionnant que la Loire, mais sur aucun livre de géographie.
Avant de nous plonger dans une des pages sombres et peu connue de l’histoire française et guyanaise, notre “road trip” nous a conduit dans un havre de paix en forêt primaire sur la nouvelle route qui mène à Apatou. Le gite Moutouchi a été construit dans une clairière en forêt : Pas de téléphone, eau de forage, électricité solaire. Les oiseaux à proximité et une crique à 30 min de marche à travers bois. Deux jours de repos assurés, dépaysement total, et un accueil génial de la part des propriétaires. Un gros merci !
S’en est suivie une balade en pirogue en bois jusqu’à Bigestone au Suriname. Le piroguier est amérindien mais il ne nous a pas demandé si on voulait passer au Suriname sans visa. Bah! ce n’est pas très grave. Au programme : petite frayeur sur les vagues du Maroni à marée montante avec notre petite pirogue (ce fleuve est IMPRESSIONNANT), préparation du manioc amer pour les galettes, promenade dans une crique un peu glauque pour voir des animaux. En conclusion de cette autre journée, repas dans le restaurant agami avec notamment le Jamais-gouté (poisson que nous avons largement gouté) grillé dans la feuille de bananier…un régal!
La fin de notre visite de Saint Laurent s’est bien sûr faite dans le camp de la transportation. On a vraiment” halluciné”, la période des bagnes en Guyane, en Nouvelle Calédonie et autres, passe totalement à la trappe des programmes scolaires. c’est une période récente et noire de notre histoire où des atrocités ont été commises. Les bagnards ont été amenés là dans la but premier de coloniser la Guyane, comme l’on fait les anglais avec l’Australie. Mais ce ne fut pas un franc succès, bien que ceux-ci soient obligés de faire le “doublage”, c’est à dire le même temps libre en Guyane que celui fait pendant leur peine dans les camps. Une fois libres, les prisonniers commettaient à nouveau de menus larcins car il n’y avait pas de travail pour eux. Tout étant fait par les bagnards purgeant leur peine. La vie dans les camp de travail étaient extrèmes et l’espérance de vie d’un bagnard était de 3 ans, bien que des améliorations eut été faites au fil des années.
Le camp de saint Laurent n’a été réhabilité par la mairie que dans les années 90, l’administration pénitentiaire l’ayant oublié et laissé à l’abandon. Les périodes de colonisation, d’esclavage et du bagne sont complexes et encore tabous.
La ville de Saint Laurent est tout de même vraiment agréable et les gens gentils. Là, comme dans toute la guyane, il y a un fort mélange de populations avec une dominance de noir marrons, anciens esclaves évadés.
Après ce dépaysement encore plus important, nous reprennons le chemin du retour avec, pour arrêt ultime, : Kourou, le CSG et les îles du Salut.
UPDATE du 24/06/09 : Je viens de me rendre compte que le gîte Moutouchi a un site web. je vous donne donc l’adresse pour les infos pratiques : http://pagesperso-orange.fr/moutouchiguyane/accueil.htm
La migale, sur la poutre, elle est vraie ? brrrrrr……….
Yep ! Encore plus vraie que le Père Noel. Et bien plus vivante. Mais pas de panique, c’est une Matoutou (on la reconnait avec ses bouts de pattes orange). Impressionnant en taille, mais c’est plutôt sympa comme bestiole. En tout cas cette espèce n’est ni agressive, ni venimeuse.
un grand merci pour ces beaux commentaires
isabelle
gîte moutouchi